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Pour tout comprendre, la friche St-Sauveur passée au crible du vrai-faux

Posté le 19 Mars 2019
Actu
Le projet d’aménagement des 23 hectares de l’ancienne friche ferroviaire mobilise et oppose depuis plusieurs mois partisans et opposants, élus et riverains, à coups de pétitions, tweets et déclarations enflammées. Le point sur ce vaste projet d’aménagement urbain, alors que l’enquête publique complémentaire vient de s’achever.

Saint-Sauveur, c’est juste un bistrot et une halle d’expo – FAUX

Saint-Sauveur, c’est aussi une vaste friche de 23 ha, pour laquelle la ville et la Métropole européenne de Lille nourrissent de grandes ambitions. Le projet d’aménagement prévoit 2 400 logements, une piscine olympique, un gymnase, 8 ha d’espaces verts, le Saint-So Bazaar (coworking), un groupe scolaire, des bureaux, surfaces commerciales… Cette ancienne emprise ferroviaire est l’une des dernières opportunités d’aménagement en cœur de ville. La municipalité s’accroche à son principe de « ville durable », en tentant de répondre à la fois à la forte demande de logements tout en veillant à un équilibre avec la proportion d’espaces verts, jugés insuffisants par les opposants.

Le projet Saint-Sauveur, ce n’est que du béton – FAUX

Les élus municipaux ne cessent de le marteler, les 23 ha de la friche Saint-Sauveur compteront demain 8 ha d’espaces verts, soit un tiers du site : 3,4 ha pour le parc de la Vallée, situé en bout de friche près de la future piscine ; 1 ha avec le square de Cambrai ; 1,4 ha pour le cours Saint-Sauveur ; et 2,2 ha avec les îlots nordiques. À terme, 65 % de l’emprise totale du site ne devrait pas être bâtie. « On fera à Saint-Sauveur tout l’inverse de la ville bétonnée », avait assuré Martine Aubry, maire, en septembre 2017. Sans réussir à convaincre tout le monde : associations et EELV continuent à dénoncer le « bétonnage » du site.

La future piscine est l’un des points de crispation actuels – VRAI

Le choix de l’emplacement, sur l’actuelle plaine du Belvédère, à proximité immédiate d’axes routiers ; un « monstre énergétique », selon un élu municipal EELV, qui consommerait le double de Marx-Dormoy ; le choix d’y inclure une fosse de plongée… La future piscine olympique ne trouve pas grâce aux yeux des opposants.

Le choix a été fait de condamner Marx-Dormoy, vieillissante et dont la rénovation a été jugée trop coûteuse. Dans le même temps, la MEL a annoncé son intention de participer à la construction d’une piscine olympique. Le versant nord-ouest (Wambrechies/Quesnoy-sur-Deûle) était sur les rangs ; c’est finalement Lille, plus centrale, qui a été retenue. Le projet prévoit la construction de cinq bassins, dont un olympique (50 m et dix couloirs) et un de plein air, une fosse de plongée de 42,50 m de profondeur, un centre de fitness et spa…

Le projet Saint-Sauveur fait l’unanimité au sein de la majorité municipale – FAUX

Le point de non-retour sera-t-il atteint ? La question se pose sérieusement à la lecture des déclarations et échanges entre socialistes et écologistes au sein de la majorité… Maniant l’euphémisme, l’adjoint (PS) Walid Hanna écrivait il y a quelques jours sur Twitter : « Ce qui me rend perplexe, c’est la stratégie d’EELV au sein de la majorité. » Dans le même temps, l’adjointe (EELV) Lise Daleux, d’ordinaire réservée, confiait au sujet de Saint-Sauveur : « Ça n’est pas un projet de ville en transition écologique », tout en plaidant pour une piscine sur le site de Marx-Dormoy. Face à ces fortes divergences, les socialistes vont-ils accepter encore longtemps d’être ainsi bousculés ? Les Verts, en restant au sein de la majorité, peuvent-ils s’opposer de façon convaincante ?

 
Y a-t-il un vrai risque de ZAD ? – VRAI

Le 4 mars, sur la plaine du Belvédère, juste derrière l’ancienne gare Saint-Sauveur, une vingtaine de militants de l’association Fête la friche ! ont monté, plus qu’un abri de bois recyclé, « un lieu d’accueil et d’informations pour toutes les personnes qui souhaitent développer des projets alternatifs sur le site ». L’objectif  : s’opposer à la construction de la piscine à cet emplacement précis. Ça ressemble à une Zone à défendre (ZAD), ça a la couleur d’une ZAD, ça a le parfum d’une ZAD mais ce n’est pas une ZAD. Pas encore. C’est le message très clair que veulent faire passer les militants sur site. L’association Fête la friche ! a choisi l’acronyme ZAP, pour « Zone à préserver », une lutte pour plus d’espaces verts en ville. Plus prosaïquement, la ZAP s’est constituée sans autorisation sur un terrain privé. Copropriétaire de la parcelle, la MEL aurait porté plainte. Mais les militants sont déterminés à faire vivre cette ZAD. Pardon, cette ZAP.

Le projet Saint-Sauveur est arrêté – FAUX

Le rapport du commissaire enquêteur, remis à l’issue de l’enquête publique du printemps 2018, avait émis un avis favorable à l’aménagement de la friche prévu par la ville et la MEL. Le tribunal administratif avait quelque peu douché les espoirs, en suspendant la déclaration d’intérêt général du projet pour défaut d’informations lors de la première enquête publique (au sujet de la piscine et de la qualité de l’air). Un vide comblé par la récente enquête publique complémentaire, à laquelle auraient pris part… un millier de contributeurs, contre un peu plus de 600 en 2018. Autant dire que le rapport du commissaire-enquêteur est très attendu. Il validera, ou pas, le projet, qui demeure toutefois encore amendable. L’ancien élu (EELV) Dominique Plancke a déjà agité l’éventualité de recours judiciaires.

Source : http://www.lavoixdunord.fr/550241/article/2019-03-11/pour-tout-comprendre-la-friche-saint-sauveur-passee-au-crible-du-vrai-faux

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